11 aspects de la Géorgie que nous avons vécus grâce aux locaux

 

La rencontre avec les locaux est une formidable opportunité d'en apprendre plus sur l'histoire et la culture du pays, et de faire l'expérience de certains aspects de la vie quotidienne. Tour d'horizon des choses que les Géorgiens nous ont permis de découvrir.

 
1. Le chacha

Autant qu’on échappe rarement à son destin, le voyageur, lui, échappe rarement à l’alcool local. Les rencontres avec les habitants sont d’ailleurs bien souvent l’occasion de mettre son estomac à rude épreuve et de goûter à des breuvages terriblement efficaces pour briser la glace et délier les langues, même étrangères. En Géorgie, l’alcool typique s’appelle « chacha », un nom qui rappelle avec sarcasme les sonorités qu’expire la gorge une fois le premier shooter englouti. Le goût, la teneur et l’aspect ressemblent fortement à ceux de la vodka mais ne vous risquez jamais à une telle comparaison. La vodka, c’est russe, c’est slave. Le chacha, géorgien.

Lors de notre séjour en Kakhétie, Zaza nous invita à la démonstration d’une distillation traditionnelle dans son arrière-cour. A cette occasion nous avons eu le plaisir d’apprécier une différence technique fondamentale : le chacha est un alcool extrait de la peau du raisin contrairement à la vodka qui est issue du sucre de céréales ou de pommes de terre.

Breaking Bad
 
2. La Géorgie, AUx origines du vin

En Géorgien, « vin » se dit « ghvino »  (et s’écrit ღვინო ). Bien plus qu’un hasard linguistique, le second serait l’origine étymologique du premier. C’est en tout cas la thèse avancée par nombre de linguistes et repris fièrement en cœur par le peuple géorgien. Le Caucase serait en effet le berceau du vin dont la culture remonterait à 8000 avant Jésus Christ. Si le précieux liquide se bonifie vraiment avec l’âge, qu’en est-il donc lorsqu’il est dix fois millénaire…

Dans la région de Kakhétie, véritable patrie du vin, Ocha nous a fait le bonheur de partager quelques verres de sa petite production, laquelle constitue son gagne-pain quotidien. Sans être spécialistes, nous apprécions le goût âpre et sucré de son vin, rouge comme blanc, et les Gaumarjos !, ces toasts lancés entre chaque gorgée sur un ton plus ou moins solennel selon le degré d’alcoolémie de celui qui les prononce.

 
 
3. Géorgie, à l’est de l’Europe de l’Est

Coincée dans le Caucase, entre l’Asie mineure, la Mer Noire et les terres russes, la Géorgie se rêve à incarner l’extrême limite orientale du continent Europe, auquel elle affirme appartenir. D’ailleurs, les Géorgiens ont accueilli avec grande ferveur le récent accord de Bruxelles qui leur permet désormais d’entrer sur le territoire Schengen sans visa. Un premier pas selon eux vers l’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne

Le cachet du poste frontière faisant foi
 
4. Svanétie, notre coup de cœur

Svanétie est une région du Caucase qui marque la frontière avec la Russie. Bien que difficiles d’accès, notamment en hiver, certaines villes comme Mestia et Ushguli profitent d’un tourisme grandissant grâce à leurs tours médiévales en pierre qui s’érigent par dizaines sur le flanc des montagnes et y défient crânement les sommets qui leur font face.

Alors que nous tentons notre chance pour atteindre les deux villes promises par la route de l’est puis à pied par un « raccourci » par-dessus la montagne, nous nous retrouvons coincés dans la neige. Exactement comme l’avaient prédit les habitants dans la vallée, lesquels nous recommandaient plutôt d’emprunter la route de l’ouest, plus commode et mieux desservie pour les touristes. Deux raisons pour lesquelles nous l’avons précisément fuie. A juste titre peut-être puisque notre infortune trouvera vite du réconfort dans les vues panoramiques qui s’offrent dès les premières hauteurs et la folle soirée arrosée chez Kristian, Nana et le reste du voisinage, au retour dans le hameau…

Pourtant, que la montagne est belle
 
5. Le carnaval des animaux

Hors agglomérations, les routes des campagnes nous offre un spectacle animalier peu commun en Occident. Là, il est fréquent de croiser toutes sortes d’animaux, de vaches, de chevaux, d’ânes, de cochons, de chèvres, de poules et volailles, de chiens et chats qui ont fait de la chaussée leur terrain de vie. Nos chauffeurs locaux nous ont souvent fait la démonstration de leur qualité de conducteur, maîtrisant parfaitement leur véhicule entre les crevasses des routes accidentés et les obstacles vivants qui les regardaient passer sans trop vouloir s’écarter.

♪♫ I'm a poor lonesome cow ♪♫
 
6. Volant à gauche, volant à droite

L’auto-stop en Géorgie n’est pas particulièrement difficile et, dotés de nos pouces levés, nous avons pu aisément traverser les différents territoires qui composent le pays. A cette occasion, un détail a attiré notre attention et attiser notre curiosité. Tantôt le volant se situe à gauche, tantôt il est placé à droite ; et pourtant c’est bien à droite que l’on roule ici. Alors d’où viennent tous ces véhicules ? « Du Japon » nous répondent nos chauffeurs, « et importés  de Turquie », avant de justifier que le prix n’est pas plus élevé et la qualité bien meilleure que les véhicules qu’on peut trouver ici.

 

7. La Légende de Sainte Nino

L’histoire de la Géorgie prend ses sources au temps de la Mésopotamie et, vieux souvenir des bancs de l’école, du fameux « croissant fertile ». Néanmoins, c’est peut-être l’émergence du christianisme qui a le plus marqué de son emprunte l’histoire du pays. En particulier, la légende de Sainte Nino se retrouve au détour de nombreux monastères ainsi qu’en plein cœur de la nef de la cathédrale de Mtskhéta. Et disons-le, les Géorgiens apprécient qu’on s’intéresse à cette légende qui leur est propre. Là voici donc, fortement résumée :

Après la mort du Christ, ses biens furent donnés au sort, et Elioz, un prêtre juif de Mtskhéta, récupéra la tunique. Une fois de retour dans la ville, il montra la robe à sa sœur Sidonie qui mourut subitement en touchant le linge. Les doigts de la pauvre femme étaient tellement crispés sur la tunique qu’on dut l’enterrer avec. Trois siècles plus tard, une petite fille, Nino, entendit parler du christianisme et de cette légende en Géorgie. Alors qu’elle pria la Vierge, celle-ci lui apparut en rêve et lui envoya comme signe de sa destinée deux branches de vigne nouées en croix. Nino partit pour Mtskhéta, y accomplit de nombreux miracles, des guérisons, et surtout parvint à convertir la reine Nana puis le roi Mirian, lesquels dirigeaient une Géorgie alors polythéiste. Les monarques firent construire une église à partir de l’arbre ayant poussé sur la tombe de Sidonie. Néanmoins, le pilier central refusant de bouger, il fallut l’intervention de Nino et de ses prières pour qu’un ange le soulève dans les airs et le fasse briller. On raconte que la poutre était miraculeuse, guérissait les malades et les aveugles. Ainsi la cathédrale de Svétitskhovéli (« pilier vivifiant ») tenait son nom.

Sainte Nino, une icône de l'histoire géorgienne
 
8. Trois spécialités culinaires

La rencontre avec l’habitant s’accompagne toujours de découvertes culinaires. En Géorgie, nous n’avons pas échappés à la règle et l’hospitalité des Géorgiens nous a offert le plaisir de goûter à de nombreux plats typiques. Nous en présentons trois :

Le pain (puri) et le fromage (qveli) constituent des incontournables de l’assiette géorgienne. Associant les deux en un « pain au fromage », le khachapuri se retrouve partout mais sous différentes formes selon la région où on le déguste. En Svanétie, par exemple, la pâte est mélangée au fromage avant d’être cuite. En Kakhétie, Zoura nous fera découvrir un khachapuri qui ressemble plutôt à une pizza, avec une galette de pain recouverte de fromage.

Il est impensable de séjourner en Géorgie sans jamais goûter aux Khinkali tant ces petites ravioles sont omniprésentes dans la gastronomie géorgienne et peuvent arborer sans complexe le titre de plat national. C’est avec Zaza, Ocha, Nato et Bakuri que nous dégusterons nos meilleurs Khinkali, les locaux sachant toujours mieux dans quel restaurant les commander.
L’aspect visuel met vite en appétit puisqu’il s’agit de petites bourses de pâte fourrées au fromage de chèvre ou à la viande et cuites dans l’eau bouillante. On fait une petite incision avec les dents (ou la fourchette pour les plus distingués) et on y verse de l’huile d’olive pour sublimer le goût du fromage. Lorsque les ravioles sont froides, Zaza demande à ce qu’on les fasse revenir à la poêle, ce qui pour être honnête ne déplait pas à nos palais. Néanmoins si nous devions reprochons quelque chose à ces Khinkali, c’est qu’il est visiblement de coutume d’en commander plus qu’un être humain ne peut en avaler…

Les Polonais diront que les Khinkhali ne sont qu’une copie de leurs Pierogi. Nul doute qu’il en sera de même des Churchkhela que revendiqueront les Arméniens, les Turcs, les Chypriotes, ou qui sais-je encore, avec toujours la même conviction nationaliste d’être à l’origine de la confiserie. Il n'en demeure pas moins que les routes géorgiennes sont parsemées de stands où pendent ces longues barres de caramel qu’on associe ici aux Sneakers. On apprendra qu’il faut environ une heure pour produire un Churchkhela car sa préparation prend du temps : il faut d’abord enfiler les noix ou amandes comme des perles puis tremper plusieurs fois le collier dans un mélange de jus de raisin caramélisé et de farine, avant de les faire sécher et répéter l’opération jusqu’à obtenir de longs cierges bien consistants.

 
9. ქართული ენა (La langue Géorgienne)

La langue géorgienne est aussi belle graphiquement qu’elle est infernale à lire ou à comprendre pour le non initié. Le géorgien se retrouve d’ailleurs régulièrement en tête des classements des langues les plus difficiles à apprendre. Fort heureusement pour le voyageur, l’ensemble des panneaux routiers et des indications fait l’objet d’une traduction en anglais, conformément à la volonté du président Saakachvili qui souhaitait, nous dit-on, remplacer le russe par la langue de Shakespeare.

Communiquer et échanger avec des locaux constituent malgré tout un exercice compliqué car l'anglais est peu répandu, à l’exception des quelques grandes villes et lieux touristiques. Il est donc préférable de maîtriser des bases de russe, deuxième langue du pays et reliquat de l’ère soviétique. Profitons d'ailleurs de noircir ces lignes pour saluer au passage Tolstoï et ses amis car sans les quelques notions de slave que nous connaissions, notre expérience en terre géorgienne aurait sans doute tourné à la berezina

Aux frontières de l'humour
 
10. L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud

L’instabilité géopolitique dans le Caucase s’est traduite en 2008 par la déclaration d’indépendance de deux régions du nord de la Géorgie, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, et l’implication de la Russie dans les conflits qui ont suivi. Depuis, les deux zones dites rebelles ne sont plus sous contrôle du gouvernement de Tbilissi et il est plus que déconseillé de s’y aventurer en tant que voyageur. Lorsque nous évoquons avec nos hôtes la situation des deux régions, ceux-ci ne restent pas avares de mots tendres envers Poutine et le voisin russe, et affirment que les deux provinces sont géorgiennes. Point.

Les anglais débarquent?
11. Le Marchroutka

Ce minibus au nom barbare n’est pas spécifique à la Géorgie. On le retrouve sur les routes de la majorité des pays de l’Ex-URSS, pour lesquels le développement des transports privés a su prendre le pas sur les services publics décadents. En Géorgie, le Marchroutka constitue, avec l’incontournable taxi, un des rares moyens de se déplacer d’une ville à l’autre. Le transport étant commun, les chauffeurs n’hésitent pas à attendre que le convoi soit plein (donc rentable) avant de partir, laissant planer une habituelle incertitude quant aux horaires de départ et d’arrivée. Pour ce qui est du prix de la course, difficile à dire puisque nous avons voyagé uniquement en auto-stop. Cependant, il semblerait que la Géorgie appartienne à ce club très ouvert de pays où les tarifs ont la fâcheuse manie de varier selon la tête et la nationalité du client…

 
 

 

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