16 aspects des pays Baltes que nous avons vécus grâce aux locaux

 

Il n'existe pas de meilleurs guides que les habitants du pays. Ainsi avons-nous pu une nouvelle fois vérifier ce précepte lors de notre périple aux Pays Baltes. Que ce soit en Lituanie, en Lettonie ou en Estonie, nous avons chaque jour fait l'expérience d'un accueil chaleureux et enrichissant, qui nous a permis de découvrir et vivre des aspects de la culture balte et de visiter des lieux inattendus. Petit tour d'horizon. 

 
1. Trois pays, trois cultures, trois langues

C’est une erreur de croire que les trois pays baltes partagent une identité commune ou que leur ressemblance est systématiquement très forte. Lorsqu’on s’intéresse de plus près à la langue par exemple, on se rend rapidement compte des différences culturelles qui peuvent exister entre les trois nations. Certes, le letton et le lituanien sont issus de la même famille linguistique balte-orientale (laquelle aurait, au passage, des origines indiennes). Cependant, les similarités sont trop maigres pour permettre aux ressortissants des deux pays de communiquer entre eux, de la même manière qu’un Français ne peut naturellement comprendre un Espagnol quand bien même les deux langues proviennent du latin. L’estonien, quant à lui, est une langue ouralienne, au même titre que le finnois et le hongrois. De fait, et même si chacune emprunte des termes aux deux autres, les trois langues sont profondément différentes. Tout comme le sont, en général, les trois pays baltes.

2. Dans de beaux drap(eaux)

Les couleurs des drapeaux lituaniens et estoniens s’inspirent d’éléments de la nature et de symboles de leurs histoires respectives. Pour le premier, on retrouve le jaune du soleil et des champs, le vert des forêts abondantes et le rouge du sang versé pour l’indépendance en 1918. Le fanion estonien revêt le bleu du ciel, le noir du sol et le blanc de l’espoir et de la foi en l’avenir. Certains nous diront qu’on voit dans ces trois bandes le graphisme d’un paysage enneigé.

Mais c’est la légende qui entoure le drapeau letton qui nous a le plus intrigués. On nous raconte qu’au XIIIe siècle, un chef de guerre de la Latvie aurait été mortellement blessé lors d’une bataille se déroulant près du château de Cēsis. Son corps, saignant de part et d’autre, aurait été allongé sur un drap blanc, lequel aurait servi par la suite d’étendard à ses troupes. Ainsi, la bande centrale marque la partie où était posé le corps et le grenat si particulier, appelé d’ailleurs « rouge letton », correspond au sang séché.

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3. Des HAbitations en BOIS

Le voyageur qui aimera sillonner les routes de campagne lituanienne appréciera les tableaux pittoresques qu’offrent les habitations traditionnelles en bois. Généralement recouvertes de peinture vert ou jaune, les façades se fondent avec harmonie dans le décor des grands prairies désertes. Plus au nord, les maisons sont davantage construites en pierre ou en brique (quand ce n’est pas le délicieux béton du communisme qui s’est imposé), mais on retrouve parfois, comme à Pärnu, de charmantes habitations colorées qui, incontestablement, contribuent à la fierté nostalgique des locaux.       

La traditionnelle maison lituanienne : du bois, de la couleur, et une cigogne.
4. Le Baume Noire

Apprenant que nous nous dirigeons vers Riga, Kalju insiste pour nous faire goûter une de ses vieilles bouteilles qui sommeillent dans un meuble de son salon. Du Balsam, nous glisse-t-il tout en remplissant un verre à shooter, une spécialité de la capitale lettonne. A vrai dire, nous ne savions rien de l’existence de ce « Baume Noir », et sans l’intervention généreuse de Kalju nous n’aurions sans doute jamais porté attention aux nombreuses affiches publicitaires qui trônent un peu partout sur les vitrines des boutiques de souvenirs. La liqueur, à base de vodka et de plantes, porte en tout cas bien son nom puisque son goût amer rappelle étrangement, selon nous, celui du vinaigre balsamique. De quoi nous réveiller de bon matin…         

Petit déjeuner chez Kalju
5. Trakai, l’incontournable

Situé à une trentaine de kilomètres de Vilnius, le château de Trakaï domine la petite ville homonyme et le lac de Galve qui l’entourent. Bâti à la fin du Moyen-Âge et restauré vers 1950, il est visité, selon Gintaras qui nous y conduit, par 80% des touristes débarquant en Lituanie. L’imposante fortification dont la couleur rouge tranche avec le blanc de la neige en hiver et le vert et bleu de la nature en été offre un agréable spectacle qu’on appréciera surtout depuis les berges opposées.

Grisaille et murs rouges
6. Dune grande beauté

Moins célèbre des visiteurs étrangers, sans doute en raison de sa position géographique plus éloignée de la capitale, mais tout autant incontournable selon les habitants que nous croisons, la dune de Neringa s’étire dans la Mer Baltique sur plus de cinquante kilomètres, de Klaipėda jusqu’aux abords de Kaliningrad. L’accès n’est possible que par ferry depuis Klaipėda (ou par la Russie, pour le voyageur qui dispose d’un visa…) et il faut s’éloigner des premières plages aménagées pour réellement profiter des splendeurs de la petite dune. Selon les locaux, le meilleur endroit serait Nida, qui marque la frontière avec la Russie, mais la zone centrale de la péninsule offre également un tableau plus sauvage.

Une fenêtre sur la Mer Baltique
7. Le Grand-Duché un peu déchu

Au début du XVe siècle, le Grand-Duché de Lituanie jouissait d’une puissance bien établie et possédait l’un des territoires les plus étendus d’Europe, s’étalant de la Mer Baltique à la Mer Noire et de l’actuelle Pologne aux portes de Moscou. Une heure glorieuse sous le règne du héros Vytautas que les Lituaniens aiment à nous rappeler, d’autant plus que la Lituanie a légèrement perdu de sa superbe depuis... Durant notre séjour, on nous répète avec amertume que le pays, comme ses deux voisins baltes, subit une forte émigration de sa population et notamment de ses jeunes qui aspirent à de meilleures perspectives de carrière en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis. Depuis 2000, ce serait environ 20% de la population de la Lituanie (c’est en tout cas le chiffre avancé par Gintaras qui décidemment est friand de statistiques) qui auraient plié bagages. Le phénomène s’accompagne d’un important exode rural qui vide progressivement les campagnes au profit des grosses villes et des capitales. Une désertification qui ne passe guère inaperçue dans des territoires déjà à majorité recouverts par d’abondantes forêts.

 

Le territoire du Grand-Duché (en jaune) et de son alliance avec la Pologne, en 1569
8. Mead in Baltic

L’alcool traditionnel balte porte un nom : le mead. C’est Robert, un jeune letton, qui nous en parle le mieux en même temps qu’il nous offre à déguster sa toute dernière cuvée. Il avoue avoir eu le plus grand mal à reproduire la recette tant celle-ci s’est perdue avec le temps et les générations. La boisson est issue de la fermentation de fruits en tout genre (en l’occurrence, du kiwi et de la vanille pour le mead de Robert qui semble apprécier les choses atypiques) et de miel, offrant un hydromel très doux et sucré que l’on peut boire frais en été ou chaud en hiver. 

 

La définition du Mead selon notre petit Robert
9. Dur en besogne

Les Estoniens ont, selon leurs propres dires, la réputation de durs travailleurs. Certains nous font l’étal de leurs interminables horaires qui s’allongent jusque onze heures par jour. Dimitri, un de nos chauffeurs, nous avoue même ne pas avoir pris de vacances depuis six ans et se vante de n’en ressentir aucunement le besoin. Une philosophie de labeur qui ne manque pas d’inspirer l’humour russe : « La liberté en Estonie n’est pas un problème. Ils se tuent eux-mêmes au travail ».

10. Une peur rouge

L’histoire récente des pays Baltes ressemble grossièrement à une interminable succession de périodes d’occupation par les voisins suédois, polonais, allemand, ou russe. Suite à la signature du pacte secret de Varsovie, les trois pays ont été absorbés par l’Union soviétique, dont ils n’en sont sortis qu’en 1991 (la Lituanie étant d’ailleurs le premier pays de l’URSS à obtenir son indépendance). Vingt-cinq ans plus tard, l’influence russe y est toujours persistante, à commencer par la langue que tout le monde parle parfaitement, à l’exception de certains des plus jeunes enfants. Surtout, la période soviétique demeure très présente dans les mémoires. Ici, on abhorre les russes autant qu’on les craint. Les trentenaires et leurs aînés nous parlent des crimes commis durant l’ère soviétique, des déportations de familles entières en Sibérie, des heures difficiles vécues par leurs parents ou grands-parents, des « deficits » de denrées alimentaires ou du travail forcé dans les kolkhozes... Aujourd’hui, les trois pays sont libres mais la zone géographique, coincée entre la Russie, le territoire russe de Kaliningrad, et la Biélorussie, demeure stratégique et critique. Les gouvernements des trois états ont renforcé leur budget militaire et leur armée de réserve. On croise aussi régulièrement des véhicules blindés de l’OTAN ou des avions de chasse en exercice. A tout moment, la situation peut s’envenimer, nous dit-on avec gravité, notamment en raison des minorités russes qui, bien que très pacifiques, pourraient servir de prétexte à Moscou pour envahir le territoire. Tadas nous avoue même avoir songé en 2014, lorsque Poutine entreprenait l’annexion de la Crimée, « à prendre les enfants et partir en Europe de l’Ouest ».

C'est principalement en Russe que communiquons avec les habitants.
11. Tallinn, une préférence mitigée

De Vilnius, Riga et Tallinn, c’est cette dernière qui obtient notre préférence. La vieille ville, concentrée entre les fortifications médiévales et surplombant la Mer Baltique, possède un charme et un attrait esthétique qu’on ne retrouvera pas chez ses deux voisines. Les rues y étant principalement piétonnes, on y flâne aussi avec plaisir et lenteur, admirant ici ou là les hautes tours, le clocher très élancé d’une église, ou les toits bulbeux de la cathédrale orthodoxe. On regrettera néanmoins que le centre historique s’apparente désormais à un parc d’attraction où règnent restaurants, prix exorbitants, boutiques de souvenirs et hordes de touristes. Erika nous aura d’ailleurs prévenus : les locaux ne mettent quasiment plus les pieds dans la vieille ville, laquelle est devenue de fait un arrondissement finlandais.

Des tours qui valent le détour
12. Un coup de filon

L’économie estonienne, nous dit-on, prospère dans le secteur des télécommunications et des technologies de l’information, un domaine où elle s’est imposé parmi les leaders européens grâce à sa start-up Skype (rachetée en 2011 par Microsoft pour la bagatelle de 9 milliards de dollars). Olga rajoute fièrement que l’ensemble du territoire est couvert par la 4G et qu’Internet y est parmi les plus rapides d’Europe. Une gloire nationale qui, selon David, notre chauffeur jusque Pärnu, attise les convoitises de ses voisins. La Lettonie souhaite elle-aussi profiter du filon et cherche à combler son retard grâce à des mesures incitatives et fiscales qui pourraient rapidement porter leurs fruits. La ligne risque donc d’être pas mal occupée.

 

13. La Suisse de Lettonie

Situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Riga, le parc national de Gaujas offre aux citadins de la capitale un peu de verdure et des activités de plein air pour le week-end. L’endroit est aussi remarquable pour les châteaux qu’il présente (notamment l’ancienne fortification de Cēsis), ses grottes naturelles, ses promenades balisées à travers les forêts ou le long du fleuve Gauja. Les reliefs se faisant plutôt rares dans la région baltique, les quelques collines de Sigulda, ville principale, se sont vues affubler de parcs d’accrobranche, d‘une piste de ski et... d‘une rampe de Bobsleigh. Paula nous apprend que la Lettonie excelle dans cette épreuve olympique. La jeune fille nous emmène ensuite à travers la „Suisse de Lettonie“, un quartier où s’élèvent d’imposantes demeures qui, apparemment, rappelleraient les habitations hélvétiques. Honnêtement, il en faudra quand même un peu plus pour concurrencer les stations des Alpes.

La Grotte du Diable
14. Le croissant letton

Lors de notre séjour à Sigulda justement, Astryda nous sert des speka piragi préparés par les soins de sa fille qui tient une pâtisserie familiale renommée dans la région. Ces croissants fourrés de différents légumes cuits ou d’une farce au lard et oignons sont une spécialité de Lettonie, nous dit-elle. Voilà donc de délicieuses collations qui comblent nos estomacs autant qu’elles les rassurent, car jusqu’alors les locaux avaient bien eu de la peine à nous citer un plat national ou au moins typique. On nous évoquait vaguement la viande de porc et la pomme de terre comme aliments de base de la cuisine du pays, mais rien de bien concret à se mettre sous la dent… Plus tard, les Estoniens nous ressortiront le même discours hasardeux mais cette fois malheureusement il n’y aura pas d’Astryda pour sauver la patrie culinaire… 

Un panier bien garni
15. Le Cepelinai

En revanche, dès qu’on interroge les Lituaniens sur leur spécialité, les réponses sont unanimes : le Cepelinai ! Le plat est à base de pommes de terre (encore !) farcies à la viande. Mais s’il semble être considéré comme le plat national par excellence, nous avons eu toutes les peines du monde à en trouver trace, même dans les menus des restaurants touristiques. Tant pis, nous nous contenterons d’une illustration dénichée sur Internet…

Cuisiné par Wikipedia
16. La colline a des cieux

Ilona nous emmène explorer une colline unique en son genre. Située en Lituanie, sur la route qui mène à la frontière avec la Lettonie, la petite butte est décorée -et le mot est faible- de croix et crucifix de toute nature et taille. On estime à 105 000 le nombre de croix qui y sont entassées, un chiffre record fièrement affiché dans le hall du bâtiment qui côtoie la colline. Bien que l’origine de la pratique reste un mystère, nous comprenons que les croix déposées constituaient un symbole de résistance pacifiste pendant l’ère communiste. Le voyageur qui aura la bonne idée de visiter le lieu  aux heures les plus calmes appréciera les sons mélodieux du vent qui s’engouffre dans les armatures de bois et de fer.

Chaque jour, leur nombre croît...
 

 

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