Nos 10 Commandements de l'Autostop

 

Il y a quelques temps, nous faisions l’éloge de l’autostop et de ses nombreuses vertus. Nous profitions surtout de noircir quelques lignes à l’encre digitale pour détailler notre philosophie et le regard que nous portons sur cette manière si spéciale de voyager.

Beaucoup de choses ont déjà été écrites (comme ici, ici ou ici) pour aider les novices désireux de se lancer à leur tour, et même si nous ne sommes pas toujours d’accord avec certains conseils qui y sont prodigués, nous reconnaissons volontiers qu’ensemble tous ces articles forment déjà une source d’information complète. C’est pourquoi nous choisissons de ne livrer ici qu’une liste réduite de dix grands principes répondant à notre manière d’aborder l’autostop. Elle s’adresse donc principalement à tous ceux qui, comme nous, aiment lever le pouce pour voyager lentement, traverser les paysages et les cultures au plus près des populations locales. Bien sûr, ces « 10 commandements » n’engagent que nous et n’ont absolument pas la prétention de s’ériger en règles universelles. Car, rappelons-le, l’autostop est un exercice très personnel qui se nourrit essentiellement de l’expérience de chacun.

Autostop France

 
1. Considérer l’autostop autrement que comme un transport gratuit

L’autostop est un art de voyager. Il n’a pas pour seule vocation d’offrir à ceux qui le pratiquent la gratuité d’un déplacement. C’est surtout et avant tout un moyen de transport social à travers lequel le voyageur cherche à nouer un contact avec les habitants du pays, à s’immiscer dans la culture locale, à échanger et partager avec l’autre, à vivre des aventures imprévues et se confronter à l’inconnu. L’autostoppeur qui tend le pouce uniquement dans le but de se déplacer sans dépenser un sou se trompe, à notre sens, de philosophie.

 

2. Se servir de son pouce… et de ses pieds

Ce n’est pas nous qui le disons. C’est Jonas, un voyageur qui a traversé la moitié du globe en autostop et en solitaire pendant six longues années. Le jeune homme sait donc de quoi il parle quand il conseille de ne jamais rester planté à un endroit avec le pouce tendu et l’espoir que le salut provienne uniquement d’un conducteur qui prendrait pitié. « Quand tu marches, peut-être que ça te prendra un mois, mais tu arriveras toujours là où tu veux aller, sans forcément avoir besoin que quelqu’un s’arrête. Et puis un gaillard qui porte son sac sur plusieurs dizaines de kilomètres, on a forcément plus envie de l’aider». En plus de conserver une certaine indépendance pour se déplacer, le marcheur -qui n’oubliera pas pour autant de tendre la main chaque fois qu’un véhicule le dépassera - appréciera grandement les paysages traversés et dénichera sans doute quelques trésors inattendus en chemin.

 
3. Oublier la pancarte pour apprécier l’imprévu

Se munir d’une pancarte, c’est planifier son voyage. C’est tuer dans l’œuf toute ambition de se laisser porter par l’imprévu. En n’indiquant aucune destination ni direction précise, l’autostoppeur se laisse alors embarquer pour un itinéraire incertain, soumis aux surprises, aux différents trajets et programmes des conducteurs, aux propositions d’untel de passer par cette petite route de campagne, ou de tel autre qui se rend dans ce village perdu. Sans pancarte, l’autostoppeur conserve sa disponibilité face à l’inattendu et laisse davantage aux autres le soin et le plaisir de définir son voyage.

Parfois la pancarte est quand même bien utile...
4. Mettre son sac à dos en évidence

Plusieurs fois, nous avons lu ou entendu qu’il était préférable de dissimuler son sac à dos volumineux afin de ne pas effrayer certains conducteurs aux véhicules déjà bien chargés. Quelle drôle d’idée. Le sac à dos est, au contraire, un grand atout qu’il ne faut pas se priver d’exhiber. C’est la marque du voyageur, du backpacker, de celui qui traverse des pays entiers, se nourrit des cultures du monde, de celui qui est riche en anecdotes et aventures à partager. C’est un gage de confiance et de sécurité pour ceux qui envisageraient de s’arrêter. En cachant son sac à dos, l’autostoppeur commettrait la double erreur de se priver de son meilleur argument et de révéler un manque d’honnêteté.

Et puis quand il y a la place pour un homme, il y a la place pour un homme et son sac à dos.

 
5. Emprunter les petites routes de campagne

Sauf à aimer traverser un pays, une culture, une histoire, en les regardant défiler à plus de 120 km/h par-dessus la rembarde de la bande d’arrêt d’urgence, prendre l’autoroute s’annonce clairement comme une mauvaise idée. On ne parle même pas de rester prisonnier d’une aire de repos désertée ni de finir coincé entre deux bretelles de voies rapides sans possibilité aucune de s’échapper à pied. Les routes de campagne, les départementales et les sentiers regorgent tellement d’authenticité, de lenteur, de vie quotidienne ou de paysages emblématiques qu’il serait vraiment dommage de ne pas s’y aventurer.

Bien sûr, pour les fervents adeptes du city-hopping, lequel consiste à se rendre d’une grande agglomération à une autre sans perdre de temps dans les campagnes intermédiaires, alors l’autoroute devrait parfaitement remplir sa mission d’axe rapide. Promis, nous ne les jugeons pas.

A bord d'une "deux-chevaux" sur les voies rapides
6. Etre souriant, positif et sympathique

Sans doute écrivons-nous quelque banalité en rappelant que le comportement et l’apparence de l’autostoppeur jouent un rôle déterminant dans la décision du chauffeur de s’arrêter ou non. Il n’en demeure pas moins que, selon l’heureuse formule populaire, « la première impression est toujours la bonne surtout quand elle est mauvaise ». Il appartient ainsi pleinement à l’autostoppeur de paraître le plus sympathique possible, quitte à forcer un peu son talent de comédien, pour mettre toutes les chances de son côté. Une astuce toute simple consiste par exemple à saluer régulièrement les conducteurs qui passent de façon à augmenter d’autant son potentiel sympathie auprès des véhicules suivants.

 

7. Développer son propre style

Il peut s’agir d’un accessoire particulier, d’une casquette de marin ou d’un chapeau de cow-boy, d’un drapeau aux couleurs de son pays, ou simplement d’une gestuelle amusante. L’idée est d’exprimer une certaine originalité à travers sa façon de faire de l’autostop, d’attirer l’attention ou d’amuser les chauffeurs. Si aucun d’entre eux ne s’arrête, au moins ils s’éloigneront avec le sourire et peut-être quelques regrets.

 

8. Contribuer à la vie à bord

Une fois embarqué à bord d’un véhicule, la tâche de l’autostoppeur est loin d’être terminée. A vrai dire, elle ne fait que commencer. Hors de question donc de s’assoupir ou de se murer dans un silence gênant -sauf bien évidemment dans les cas imposés par les règles du respect et de bienséance. Le voyageur saura au contraire partager avec plaisir ses aventures, racontera son voyage, d’où il vient, où il va, s’intéressera à la vie des autres habitants de l’habitacle, nourrira sa curiosité des curiosités qui l’entourent. En somme, il s’évertuera à maintenir une atmosphère agréable et conviviale pendant tout le trajet. Il cherchera aussi à laisser un bon souvenir au reste de l’équipage et leur donnera envie de renouveler, plus tard, l’expérience avec d’autres autostoppeurs.

Autostop risqué
Petite exception : quand tu es malade et qu'on t'autorise à dormir avec ton vélo en haut du chargement d'un camion...
9. Ne rien lâcher, ne jamais pester

L’autostop peut se révéler un exercice difficile. Il est important pour le voyageur qui s’y essaye de ne jamais s’avouer vaincu et de garder son calme même dans les heures d’attente les plus longues. Surtout, il se doit en cas d’échec répété de se remettre en cause, de comprendre ses erreurs plutôt que de rejeter la faute sur un quelconque manque de sympathie des habitants du coin. Rappelons que le voyageur qui fait le choix de tendre le pouce ne peut, en toute logique, exiger qu’on lui vienne en aide. En bon nomade, il considérera plutôt la marche comme sa meilleure roue de secours.

 

10. Prendre à son tour les autostoppeurs

En levant le pouce pour la première fois, l’autostoppeur ne s’est pas seulement lancé dans une folle aventure faite d’incertitude et de rencontres. Il a également rejoint une vaste communauté bercée par un idéal d’échange, d’entraide et de partage. Plus tard, derrière le volant de son propre véhicule, il se souviendra des aventures qu’il a pu vivre grâce à tous ceux qui, un jour, lui ont tendu la main quand lui tendait le pouce. Et chaque fois que des inconnus se présenteront à leur tour sur son chemin, il ne manquera pas alors de leur ouvrir en grand sa portière. Ainsi continuera-t-il de faire vivre l’autostop.

Si vous les croisez, prenez-les! En plus ça nous arrangerait plutôt bien!

 

Si cet article t'a plu (ou que tu trouves que Chris porte beaucoup trop de T-shirts rouges), n'hésite pas à nous le dire en laissant un commentaire et à nous suivre sur notre page Facebook. Et si tu es tenté(e) par ce genre de voyages alternatifs, à la rencontre des locaux et centrés sur l'échange et le partage, alors n'hésite pas à nous contacter!

  

 

Related posts: